Pop Philo Retour au programme

Les séductions de l'esprit

C'est déjà la fin de la Semaine.
Mais avant cela, une dernière rencontre sera consacrée au marketing, sujet omniprésent des existences contemporaines s'il en est, interrogeant la séduction au prisme de la manipulation marchande.
Pour finir, en hommage au fondateur de la Semaine de la Pop Philosophie, Jacques Serrano, décédé en 2025, la Semaine se conclura par une réflexion collective sur la « pop philosophie » d'hier et d'aujourd'hui.

Aux Rotatives, siège du journal La Marseillaise

Marketing : une école de la manipulation

Conversation

Benoît Heilbrunn professeur de marketing
Thibault Le Texier historien de l’économie
Mathieu Garling (discutant) directeur de la programmation Pop Philo

Rencontre avec deux théoriciens et historiens du marketing, en conversation avec Mathieu Garling.

Thibault Le Texier : « Le pouvoir de séduire, du marketing au management »

Le client est roi, entend-on souvent. La société de consommation n’est pas une dictature, c’est un parc d’attraction. Le marketing ne consiste pas à contraindre ou à imposer. Il propose, persuade, incite, stimule, influence. Le marketing n’est un pouvoir ni surplombant ni oppresseur, il repose au contraire sur l’assentiment, l’adhésion et la séduction. « Le marketing est l’alternative philosophique à la coercition », résume Philip Kotler, le pape du marketing moderne. Mais le marketing n’en exerce pas moins un pouvoir, dont nous verrons les ressorts particuliers. 

Le management, en revanche, ressemble à une dictature. Les employés sont astreints à l’obéissance par leur contrat de travail, soumis à des chefs, encadrés par leur fiche de poste et divers règlements, et toujours menacés d’être licenciés ou sanctionnés. Mais cela ne signifie pas que le management ne doive pas séduire lui aussi, notamment face à une nouvelle génération qui cherche souvent dans le travail un accomplissement personnel. 


Benoît Heilbrunn : « Manipule-moi si tu peux »

Vous êtes libre. Libre de choisir votre paire de baskets, votre série du soir, votre candidat et même la personne avec qui vous allez coucher. Enfin… c’est ce que vous croyez. Car pendant que vous choisissez, une foule de gens travaillent à vous aider à bien choisir. Publicitaires, marketeurs, influenceurs, designers et autres ingénieurs du désir ont pour obsession de fabriquer vos désirs et vous faire consentir. Toute l’histoire du marketing raconter cette tentative de mettre la main sur le consommateur, tout en lui laissant le sentiment qu’il garde la main. Mais peut-on encore parler de manipulation lorsque nous prenons plaisir à être manipulés ? C’est là tout le génie du marketing : il ne s’oppose pas à notre liberté, il en fait son meilleur allié. Il n’impose rien mais de contente organise le jeu des séductions jusqu’à se confondre avec nos propres désirs. La partie est gagnée au moment précis où disparaît la main qui oriente. Le pouvoir ne commande plus : il circule dans les signes, les images, les interfaces et les désirs. Il ne nous force plus la main. Il construit le monde vers lequel nous croyons spontanément la tendre. 

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Centre de la Vieille Charité

Quand la philosophie fait « pop ! »

Conversation

Nelly George-Picot (sous-réserve) co-fondatrice de l'association Rencontres Place Publique
Alain Poussard professeur de philosophie
Abdel Aouacheria biologiste et réalisateur

Retour sur les idées et aventures et grands moments qui ont donné forme à la Semaine de la Pop Philosophie. Pourquoi Jacques Serrano, avec quelques intellectuel·les, a souhaité en raviver le sens d'une expression deleuzienne, celle de pop'philosophie, pour la replacer dans un contexte culturel ouvert ? Une table-ronde en forme d’hommage.

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Les (pop) philosophes : des influenceur·euses pas comme les autres ?

Conversation

Martin Legros (sous réserve) journaliste
Françoise Gaillard philosophe et présidente de l'association
Francesco Masci philosophe
Alexis Nouss professeur de littérature comparée
Jean-François Dortier journaliste

Les philosophes occupent un espace singulier dans l’espace public, entre transmission du savoir, mise en scène de soi et circulation des idées sur les plateformes médiatiques. À l’heure où la parole savante se diffuse dans des formats de plus en plus rapides, courts et personnalisés, la philosophie est-elle encore un authentique exercice de pensée ou tend-elle à devenir une forme parmi d’autres de visibilité et d’adhésion ? Qu’est-ce que la figure du philosophe doit aux logiques contemporaines de l’influence ? Travail de présence, fabrication d’une signature, rapport au public, stylisation du discours… la parole philosophique n’est assurément plus cantonnée au charisme bien spécifique du professeur de philosophie séduisant ses élèves. De la « pop’ philosophie » deleuzienne à ses avatars numériques contemporains, la pensée s’est faite plus mobile, plus circulante, parfois plus désirable. Reste à savoir ce qu’elle a encore à gagner, risquer et défendre au XXIe siècle.

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