Séduction : pour le meilleur ou pour le pire
Conférence
| Isabelle Alfandary | philosophe |
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Une conférence de la philosophe Isabelle Alfandary, spécialiste de psychanalyse.
La séduction est à double tranchant : elle peut être la plus délicieuse ou la plus traumatique des expériences ; elle est indispensable à la vie quoi qu’elle puisse facilement devenir débordante. Elle commence bien avant l’éveil de la vie amoureuse : son histoire pour chacune, chacun remonte à la plus tendre enfance. Remède et poison, la séduction pimente les relations entre les humains au risque de les empoisonner. Comment la doser, la maîtriser, s’en protéger ? La séduction, quand elle est abusive, confine à la violence ou au viol. Le mouvement #Metoo a permis à des femmes notamment de prendre la parole pour en dénoncer les excès profondément traumatiques et impunis.
La psychanalyse est née il y a plus de cent vingt ans de l’écoute par Freud de femmes auxquelles il revenait des scènes de séduction abusives, scènes qui expliquaient leurs symptômes curieux et leurs souffrances psychiques. Si Freud a finalement renoncé à sa première théorie de la séduction et soutenu l’existence du fantasme, la psychanalyse n’a pas cessé d’être hantée par le « scandale » de la séduction : indispensable à la vie psychique et amoureuse, la séduction est porteuse d’une charge traumatique inévitable. D’où vient la séduction ? D’où vient qu’elle puisse virer au traumatisme, même quand la séduction n’est pas délibérément violente ni abusive ? Est-elle toujours synonyme de domination ? Doit-on, peut-on y renoncer ? La domestiquer ?
Isabelle Alfandary