Pop Philo 2026 — Séductions et fantasmes
Séductions et fantasmes
Introduction
En 2009 Jacques Serrano créa une manifestation annuelle, « La semaine de la pop philosophie » qui fit de Marseille l’épicentre de l’ouverture de cette discipline à des objets ou à des thèmes de la culture populaire. Cette entreprise rencontra immédiatement son public, toujours fidèle depuis.
Cette notion de « pop philosophie », il l’avait empruntée à Gilles Deleuze qui voyait dans l’excursion des pratiques savantes hors de leur champ, une redynamisation de la pensée créative.
Jacques Serrano nous a hélas quitté à la toute fin de l’année dernière nous laissant en héritage non seulement le soin de continuer son œuvre, mais aussi le titre qu’il avait choisi pour l’année 2026 : Séduction – Fantasmes.
La séduction a souvent mauvaise presse en raison de son étymologie latine. Se-ducere c’est en effet détourner de la voie droite et par extension : tromper, abuser, manipuler. Séduire, c’est entretenir chez l’autre un rapport à l’illusion dira Platon dans le Gorgias.
Le mythe de Don juan ne joue pas en sa faveur ! Or la séduction, que l’on trop tendance à réduire au seul domaine de la sexualité, est un lien biologique, moral, politique aussi est-elle au cœur de toutes les relations sociales.
Pour le meilleur ou pour le pire elle exerce le pouvoir qu’elle doit à sa maîtrise du désir dans le champ du politique, de l’économique, jusque dans notre rapport aux images, aux fictions et même aux créatures algorithmiques.
C’est un phénomène complexe qui par la diversité de ses domaines et de ses modalités d’exercice, interroge la philosophie comme l’ensemble des sciences humaines.
C’est à la penser, la dire, la représenter, l’interroger que s’emploiera avec les intervenants et le public ce nouveau rendez-vous.
— Françoise Gaillard